Nous allons maintenant parler de tf1 dans les années 80. Mais
avant, rappelez-vous qu'aucune châine à l'époque n'émettait 24h/24 et la
1ère chaîne commençait ses programmes vers 11 heures pour les terminer vers
minuit ou 1 heure du matin. Pour signaler l'ouverture et la fermeture d'antenne,
il fallait donc des génériques que vous n'avez sans doute pas oubliés.
TF1
a été créée en 1975 après l'éclatement de l'ortf. Elle vit de la redevance
et de la publicité et reste chaîne publique jusqu'à 1987 où le ministre de
la culture et de la communication de l'époque, François Léotard, décide de
privatiser la chaîne au nom du "mieux disant culturel".(On ne rit pas
dans les rangs !!)
Le 6 avril 1987, le Groupe
Bouygues est choisi par la CNCL (Commission Nationale de la Communication et des
Libertés) comme opérateur de la chaîne . TF1 est privatisée et introduite en
Bourse le 24 juillet au cours de 165 Francs. Dès lors, TF1 ne vit que des
recettes publicitaires.
On aimait retrouver des
programmes récurrents et des figures familières.A MIDI, c'est
l'heure du déjeuner familial et de la "Grande Duduche",
Danièle Gilbert et sa coiffure façon "playmobil".
L'APRES-MIDI, on fêtait notre retour de l'école avec les programmes stars des enfants
: Casimir et son "Ile aux enfants" et Claude Pierrard,
notre chouchou, pour les "Infos" dans Les Visiteurs du
mercredi", Acilion et sa bande en 1979 et Croque Vacances bien sûr,
dès 1980.
EN FIN D'APRES-MIDI,
Stéphane Collaro va imposer son Cocoricocoboy et battre enfin Antenne 2
et l'indébouloable "Théâtre de Bouvard". Auparavant, il avait
créé avec succès Cocoboy sur tf1 où ont officié pour la 1ère fois
les marionnettes du Bébête Show.
A
20H30 le prime-time commençait et les animateurs vedette à paillettes
essayaient de nous divertir. Patrick Sabatier fut l'animateur star des
80's. Après des débuts dans "Les Visiteurs du Mercredi", il
présente "Atout Coeur" à midi, puis "Avis de
Recherche" en accès prime-time (On ne disait pas ce mot à
l'époque!) et accède enfin au prime en créant des concepts forts tels
"Le Jeu de la vérité" ou Porte-Bonheur, la 1ère émission en
France à offrir de somptueux cadeaux!
En
1984, Patrick Sébastien déguise le public et les people et fait
participer pour la 1ère fois les politiques à une émission de
divertissement. L'émission s'appelle Carnaval et fait un tabac! Ambiance
cotillons et fiesta, c'était plutôt sympa! Jacques Chirac pour la 1ère,
Lionel Jospin chantant "Les Feuilles mortes", François Léotard
interprétant "L'Ajaccienne" ou Mourousi et Augry qui se parodient, ce
sont de grands moments de télé!
On ne peut évidemment pas oublier Numéro 1, la grande
émission de variétés populaire du vendredi soir, produite par Maritie et
Gilbert Carpentier et réalisée par Georges Folgoas, avec Joe Dassin,
Sheila, Cloclo, Sardou, Hallyday, Sylvie Vartan, Mort Shuman, Chantal Goya,
Mireille Mathieu, Jane Birkin, Serge Gainsbourg.
Paillettes,
décors sfp, duos déjantés, plays-backs ratés et chorégraphies d'Arthur
Plasschaert nous faisaient passer de douces soirées. A-t-on fait mieux depuis
dans la variété ?
Gilbert
Carpentier disparaît le 18 septembre 2000 et Maritie s'éteint le 23 novembre
2002. Merci les artistes!
Le
samedi après-midi, avec Denise Fabre et ses souris, Tac et Tac-Tac, Garcimore
était "décontrasté" et enchaînait tours et ratages avec son
incomparable accent espagnol. C'était la télé du rêve, la télé bonne
enfant. Pour Gérard Majax, c'est clair "Y a un truc" tous les soirs
de la semaine en fin d'après-midi.
Ah! On nous signale un
"incident technique indépendant de notre volonté". Heureusement, nos
souriantes speakerines viennent nous informer de "la suite de votre
programme dans un instant"!
Côté
infos, pendant qu'à 13 heures, Yves Mourousi , dit "BONJOUR !"
de sa voix chaleureuse et rocailleuse, Marie Laure Augry attend la
parole.Pour Roger Gicquel, "La France a peur" alors que Jean
Claude Bourret se démène avec un téléphone blanc trop gros suite à un
sujet qui ne part pas, une régie paniquée et un télespectateur amusé!
N'oublions pas la première femme à la tête d'un jt sur tf1, Marie
France Cubadda et le roi du jeu de mots, Bruno Masure.
Déjà, dans les années 80, la
pub était bien présente sur nos écrans et la pub sur tf1 ne pouvait pas se
faire sans la star incontestée, le petit lion Loeki! Ce personnage vient des
pays bas, il a été créé en 1971 par Joop Geesink et débarque chez nous en
1975 dans de courtes séquences de 5 secondes en début et en fin des écrans
publicitaires de tf1 pour fidéliser les télespectateurs. Cette séquence
durera jusqu'en 1987. Maladroit au possible, ses facéties le montraient dans
des situations simples de la vie quotidienne avec la souris Peep. La marionnette
fait 15 cm et la séquence est réalisée image par image. Il faut faire
bouger 25 fois Loeki pour avoir 1 seconde de séquence! La réalisation prend
donc beaucoup de temps et nécessite une patience et une précision à toute
épreuve. Devenu star, Loeki a donné naissance à des produits dérivés:
livres, disques, jouets... Il terminait toujours par cette onomatopée
énigmatique: "acheumeneu !".
Antoine,
un internaute, nous livre enfin la clef du mystère : en fait, il dit
"alsjemenou" (qui se prononce plus ou moins
"achemeneu", en effet), qui est une expression typiquement
hollandaise et qui est l'équivalent du célébrissime "M'enfin"
de Gaston Lagaffe, c'est un mot très courant dans la langue
parlée.
Merci
Antoine pour cette explication qui résout enfin une question que je me
posais depuis plus de 30 ans !
Si
vous aimez la pub, rendez-vous dans notre page des pubs cultes !
Voici
maintenant les pubs que tf1 a initiées en 1986 pour préparer sa privatisation
et faire grimper sa valeur. Un slogan: "Y'en a qu'une, c'est la Une",
simple et efficace, plus quelques nouveaux programmes, contribueront à donner
à TF1 une image de modernité et un regain d'audience.
Le club TF1 fut créé en
1986 pour rapprocher la chaîne de ses téléspectateurs. Moyennant 100
francs par an, il proposait un magazine à périodicité variable, des
informations sur la chaîne et divers avantages sur des spectacles.
L'expérience ne dura qu'un an et le club s'éteignit petit à petit,
faute de moyens notamment.
Une émission était même diffusée
le samedi matin afin d'assurer la publicité du club.